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Briser la solitude pour maintenir notre couple et notre famille.

Retour aux témoignages

En 1997, à l’Halloween, du jour au lendemain notre belle jeune fille de 17 ans perd le nord.  Elle dit des choses bizarres, ne dort presque plus, bouge tout le temps.  Nous ne dormons plus la nuit afin de la surveiller car elle est très agitée et se sauve de la maison.  Sa sœur et son père l’amènent à l’hôpital Sainte-Justine.  Quelques jours plus tard, le diagnostic : maniaco-dépression, maintenant appelée trouble bipolaire affectif.  Notre fille est en psychose aigüe, nous dit-on.

Quel choc !  Quelle confusion pour nous !    Du jour au lendemain, nous avons chaviré.  Nous avions peine à nous tenir la tête hors de l’eau.  Nous nous sentions perdus et au bord de l’épuisement.  Paul se disait «Ça s’peut pas.  Ça va s’arranger. Ça va se passer. » Pour ma part, travailleuse autonome à domicile, je devais continuer à garder les enfants et essayer de me concentrer sur mon travail, mais toute la journée je pensais à ma fille.

Dans notre couple, le silence s’est installé.  Nous voulions éviter la discussion, nos visions étant souvent opposées.  Chacun de nous était seul dans son coin.  En tant que couple, nous n’avons vécu que pour la maladie.   On pourrait dire que nous n’avions plus de vie à nous.

Heureusement, j’ai vu dans le journal qu’il y avait un café-rencontre à  L’Accolade Santé mentale et j’y suis allée.  Je m’y suis retrouvée : plusieurs personnes vivaient des choses semblables à moi : doutes, incertitudes, impuissance, solitude.  J’y suis retournée.  J’ai aussi pu rencontrer une intervenante.  On se sent bien petit devant les professionnels de l’hôpital, on ne sait quelles questions poser et souvent on n’a pas toutes les réponses.  L’Accolade nous a aidés à savoir quoi demander et à qui le demander.

Et, quand c’est notre fils qui s’est retrouvé à son tour hospitalisé pour la même maladie, le chemin était déjà tracé.  Même si nous avons encore vécu des moments difficiles pour amener notre fils à se faire traiter, nous avions le soutien de L’Accolade, nous n’étions plus seuls.

L’Accolade nous a aidés à grandir et évoluer.  Maintenant nous sommes plus près l’un de l’autre.  Nous apprécions les bons moments de la vie.  Quoiqu’il arrive maintenant, nous savons que nous avons fait notre part et que nous avons été de bons parents.

À tous ceux qui se reconnaissent dans ce témoignage, n’attendez pas que votre couple chavire.  Et un message de Paul aux hommes qui n’osent pas aller chercher de l’aide : «Écoute ta femme.  Fais pas ton smatte et puis vas-y à L’Accolade.  Moi, ça m’a beaucoup aidé.» 

Nos enfants sont toujours atteints du trouble bipolaire, mais ils vont beaucoup mieux et l’espoir est revenu pour nous tous.  Tout comme eux nous avons nos hauts et nos bas, mais nous avons maintenant les outils pour y faire face.

Croyez-nous, rendez-vous un service et contactez L’Accolade.  Tout comme nous, vous ne le regretterez jamais !
       
Colette et Paul Boulianne
Châteauguay