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La crise qui me sauva…

Retour aux témoignages

J’étais une maman qui ne comprenait pas et ne connaissait pas la maladie mentale.  Je voulais juste sauver ma fille.

Aujourd’hui,  je sais… et j’accepte les nombreux diagnostics faits par des psychiatres et psychologues.  Ma fille souffre d’anxiété généralisée en 2010, elle était aussi TPL et bipolaire auparavant, etc.

Pour faire une histoire courte, car le parcours fut très long pour elle et pour nous.  À l’âge de 16 ans, il y a 23 ans maintenant, tout changea.  Elle a eu un très grave accident d’auto.  Elle a été dans le coma, traumatisme crânien, elle était blessée de la tête au pied.  Les médecins nous ont annoncé qu’ils ne savaient pas si elle vivrait.  Par la suite, ils ont voulu lui couper une jambe.  J’ai dû me battre très fort pour que cela n’arrive pas.  D’hôpital en hôpital, 18 opérations à la jambe, des greffes, etc.  Tout a basculé.  Elle souffrait beaucoup, une opération par semaine, beaucoup de médicaments par la bouche et en injections.  Elle se retrouva avec d’autres problèmes de consommation.

Mon mari et moi on ne la reconnaissait plus.  Sa maigreur, elle était verte, ses comportements inacceptables, ses fréquentations pas trop bonnes, ce n’était plus la même.

De son côté, autant que du nôtre (mon mari et moi) sommes allés chercher beaucoup d’aide.  Les fraternités nous ont beaucoup aidés, mais il y avait autre chose.  Quoi?  Je cherchais.

Après plusieurs années de souffrance, un jour, elle était chez moi en « CRISE » de je ne sais quoi… c’était affreux.  Je restai debout les pieds comme dans le ciment, plus capable de bouger, les yeux fixes, de la misère à respirer.  Je pensais mourir.  Elle est partie en claquant la porte.  Je pensais qu’elle allait se tuer.  Elle est revenue environ 10 minutes plus tard et me voyant ainsi, elle a eu peur.  C’est elle-même qui téléphona à L’Accolade et c’est la directrice, qui a pris l’appel.  Ma fille lui a demandé : « Pouvez-vous aider ma mère?  C’est moi le problème. »

C’est ainsi et grâce à ma fille que j’ai connu L’Accolade et là ce fut l’endroit et l’aide que j’avais besoin.  C’est sûr que tout le cheminement parcouru avant nous avait aussi aidés.  Mais là, j’avais un suivi particulier à ce problème et, croyez-moi, je m’en suis servi.  À certains moments, deux fois par jour, en pleurant.  J’assistais à des soirées et services offerts toujours gratuitement en plus.  J’allais de mieux en mieux et j’ai dû lâcher prise sur le cas de ma fille.  On a été six ans sans se voir, rien du tout.  Ce fut terrible.  Mais elle a fait son chemin et moi le mien.

Depuis environ un an on se revoit, c’est merveilleux.  Elle a une médication, un bon travail, un psychiatre, un psychologue (des suivis), fait des meetings AA et se sert de sa marraine.  Quelle aide elle reçoit!

Mon mari fait partie du CA à L’Accolade pour essayer de remettre à son tour. 

Et moi, je suis toujours là depuis plus de 10 ans et j’essaie aussi d’aider les autres.

N’est-ce pas de l’espoir cela?

Merci à vous tous,

Carole