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La patience face à ma douleur

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Pour ne pas me disperser dans les méandres de mon histoire personnelle, je ferai court et je dirai que la vie n'a pas été tendre envers moi.  L'épreuve d'un fils atteint de troubles de la personnalité a entraîné une multitude d'avatars durant plusieurs années.  Toutefois, aujourd'hui,  avec une aide appropriée, et en dépit de tout, cette situation peut s'avérer pour moi un puissant "révélateur" sur ma manière d'affronter une difficulté.

Récemment, j'ai bénéficié d'une rencontre individuelle avec une intervenante au local de l'Accolade à Châteauguay.  Suite à cette rencontre, au cours d'un moment de réflexion favorisé par cet échange,  j'ai pu constater, à l'intime de moi-même, combien je m'insurge sans indulgence contre ma propre douleur, combien je me rebiffe et me révolte de me sentir si dépourvue, si vulnérable et combien cette impression me fait souffrir ! 

Laissant courir librement ma pensée, m'est venu à l'esprit l'image d'un chien furibond, attaché court, qui bondit, aboie, trépigne inutilement, au fond du jardin ...  Cette scène évoque quelque chose qui ressemble à ma propre agitation intérieure.

L'Égo, en moi,  glapit, proteste, exige que je sois impassible, inaltérée, lisse comme du plâtre...   C'est beaucoup réclamer, alors que je ne suis qu'une mère !

Dans ma situation, j'ai deux choix : soit, continuer à écumer, impuissante, et à secouer ma chaîne.  Soit, prendre le camp de la liberté intérieure avec, à la clé, l'obligation de me responsabiliser face à mon équilibre émotionnel et me disposer à la paix...    Elle viendra, si je suis patiente.

Merci à l’intervenante. Merci pour son écoute, pour sa douceur et son humanité.      

Estelle